Pour sa première exposition personnelle chez Paulina Caspari, Hanna Rochereau présente « 1st Floor », une installation qui fait de la logique de la mise en scène commerciale à la fois un sujet et une proposition formelle. Le point de départ est l’étage d’un grand magasin : un espace organisé autour de la chorégraphie du désir, où les objets sont élevés sur des podiums, disposés sur des étagères à plusieurs niveaux et éclairés de manière à créer une atmosphère particulière empreinte de valeur et de nostalgie. Plutôt que de recréer directement ces structures, Rochereau travaille à partir de leur absence. L’exposition met en scène ce qui reste après le retrait du mobilier et des surfaces d’exposition, la moquette marquée par les contours des présentoirs qui ne sont plus là, leurs silhouettes saturées se détachant sur la pâleur environnante. Incarnant à la fois l’illusion de ce qui était et le fantasme de ce qui pourrait être.
Le principe spatial s’inspire d’une tradition scénographique qui s’intéresse à la trace en tant qu’image. Cette disposition propose la galerie comme un étage entre deux étages, dépouillée de ses marchandises mais pas des systèmes qui l’organisaient autrefois.
Jess Cole décrit le 1er étage comme « un magasin sans marchandises. Une galerie d’espace. Une architecture devinée dans les coups de pinceau ». Son texte, Levels, commandé pour l’exposition, suit un personnage à travers l’expérience du grand magasin, du trottoir jusqu’aux étages supérieurs, retraçant le passage de la surcharge sensorielle du rez-de-chaussée à la relative sobriété des étages supérieurs, où les signes commencent à perdre leur fonction et les objets leur certitude.